Ne me dites pas que demain tout ira mieux, s'il vous plaît, je n'y crois plus. Et ne plus y croire est déjà mauvais signe. Je ne dois pas être normale. Ecorchée vive, de moi, je n'attends plus rien. Je me décompose une fois la porte fermée. Seule, je ne suis rien. Il n'y a finalement que dans son regard que je me sens être. Il n'y a que dans ses bras où je ne suis plus vide de moi. Où la chaleur de sa peau à réanimer la froideur de mon corps. Où la caresse de sa main tiède sur ma joue à consoler cette vilaine blessure qui ne cicatrise pas. Où ses doigts recréés de nouvelles sensations, emplient ce vide un instant. Où je ne crains plus ses regards et ses sourires, où je me sens en sécurité. Mais une fois seule je retombe dans ce tourbillon et l'impression de ne plus exister revient. Le vide me brûle jusqu'à la gorge et m'anéanti. Parfois, je voudrais que l'on m'arrache le coeur -du moins ce qu'il en reste-. La pire des tortures qu'il soit est celle que l'on s'inflige à soi même, sauf que moi, on me l'a infliger, et ça m'est devenu contagieux, rien ne me soignera jamais réellement de toutes ces blessures. Je suis détruite au sens propre du terme, hachée à la parole, torturée par les mots et les regards qui brûlent mes joues et engourdissent mon corps. Faible et vide j'avance difficilement pour aller je ne sais où, pour faire je ne sais quoi. Fuir, j'ai juste envie de fuir très loin de tout ça. Courir jusqu'à en faire exploser mes poumons, jusqu'à ce que mes pieds se rompent, sentir mes os craquer, se démolire physiquement, hurler enfin un cri non étouffer de douleur et de soulagement. Deux ans à tenir, encore, de calvaire, après 4ans à ramper pour ne pas céder à l'envie de tout abandonner. Mais sortirais-je vraiment indemne de toute cette merde dans laquelle je me suis noyer? L'odeur m'imprégne constament dés que je remet les pieds dans cet endroit. Je la sens de partout, comme on sentirait l'odeur de sueur d'une personne qui aurait courru à en perdre halaine, sauf qu'ici, c'est de la sueur de merde, celle qui transpire dans les mots des gens, qui transpire à travers leur regards, leurs sourires narquois, de la tête au pieds, tu la sens cette odeur, c'est celle qui te donne envie de vomir tout ce que tu n'as plus à l'interieur de toi. Pire, tu la vois. N'est-ce pas juste le fait de voir ces gens-là qui m'a détruite et m'a fait me haïr à mon tour et à ce point? Leurs yeux étaient si sombres vers moi, que lorsque je me regardais c'était leurs regards à eux qui transparaîssaient dans le miroir. Juste de les voirs. Juste de savoir. Ca me fout la trouille, la frousse, et alors, cette fatidique boule au fond du ventre, au fond de la gorge, et au creux de la poitrine me revient. J'ai l'impression de nager dans un océan rempli de requins qui grouillent et n'attendent qu'une seule et unique chose, me croquer à vif, une jambe et puis l'autre, laisser mon sang colorer cette eau dégueulasse dans laquelle ils se baignent et pissent à la fois, sans se poser de question, pour ensuite me trancher en deux et abandonner ce qu'il reste de mon corps mou et déchiqueté en milles "morceaux". Je me suis habituée à ne pas m'aimer. Ca m'est devenu normal enfaite. Tout me touche trop, tout me démolli trop. En un rien je craque à présent. Je suis foutue, bousillée. Pourtant il y'a d'autres personnes qui souffrent bien plus que moi. Mais je ne peux pas nier ce qui règne en moi. J'ai essayer d'oublier, de mettre de côté, de faire semblant pour ne plus pleurer. C'est devenu trop dur. Je n'ai plus la force de répondre "oui, je vais bien" juste envie de leur dire qu'ils arrêtent avec cette sois disante formule de politesse qui fait bien trop clichée quand on devine les intentions de la plus part des personnes qui s'en "inquiètent". Que j'aille bien ou mal, ça change quoi? Rien du tout. Mais lorsque je suis avec lui, tout me paraît meilleur, moins dur, plus vivable. J'ai l'impression de respirer réellement, de vivre tout simplement. Je ne dois plus me battre ni lutter, je dois juste me laisser aller, être comme je suis et je dois avouer que de me retrouver est devenu quelque chose de très dur, plus le temps passe, plus j'ai des difficultés à me comporter comme je suis réellement, car je ne sais plus qui je suis.. Il me fait cependant aller mieux malgré tout. Je ne me vois plus sans lui enfaite. Il est arrivé en plein dedans, comme une corde qu'on me lance pour sortir du puit, comme une main qu'on me tend non pas pour me planter par la suite, mais vraiment pour me relever. Il a fait de moi une rescapée, sa rescapée. Sans lui, je ne vis plus. Je ne respire plus. J'échoue à nouveau. Sans lui, j'ai l'impression d'être enfermée dans une pièce noir, d'être punie pour ce que je suis, qu'on me tient à l'écart car je ne mérite pas ce à quoi les autres ont droit. Je me sens intrus, tâche noir au milieu du blanc tout propre. Je suis cette musique que l'on n'écoute pas car elle sonne fausse et qu'on ne comprend pas ses paroles. Je suis cette fille un peu trop timide et trop reservée au premier abord, peu sociable, qui se sent souvent mal à l'aise, pas la bienvenue, et pourtant, que mes deux perles rares en soit témoin, je ne suis pas comme ça en dehors de tout ça, j'ai crée ma propre coquille pour être à l'abri des autres et de moi, mais la seule chose que je n'avais pas prévue, c'est quelle grandit avec moi, se forge dans ma peau, et commence à me posséder. Des coups de marteaux à la place des battements de coeur, sous ma poitrine l'impression d'être un monstre que l'on nourrit pour son propre désastre. Comment est-ce possible d'en arriver à dire des choses pareilles à 16ans? Je ne sais même pas d'où sors tout cela. Je n'ose même pas me relire.